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Roadrunner: A Film About Anthony Bourdain : utilise-t-il de l'IA ?

Publié le · Mis à jour le

Oui. Le documentaire Roadrunner (2021), consacré au chef Anthony Bourdain, mort en 2018, contient trois courts passages lus par une voix de synthèse imitant la sienne, soit environ 45 secondes. Le réalisateur Morgan Neville l'a révélé au New Yorker à la sortie du film, sans que le public en ait été averti.

Anthony Bourdain en costume lors d'une cérémonie de remise de prix.
Anthony Bourdain à la 73e cérémonie des Peabody Awards, en mai 2014.Peabody Awards, via Wikimedia Commons · CC BY 2.0 ·source
Niveau
Niveau : MorduÉléments générés par IA intégrés à l'œuvre : visuels, voix, musique…
Statut
Statut : ConfirméPreuve directe ou aveu du créateur.
Œuvre
film, 2021, États-Unis
Réalisation
Morgan Neville
Usages
Voix
Sources
3 sourcesPrincipale : The New Yorker, 17 juillet 2021

Quels éléments sont concernés ?

  • Voix : Trois courts passages, environ 45 secondes au total, dits par une voix de synthèse imitant Anthony Bourdain, créée à partir d'une dizaine d'heures d'enregistrements, pour lire des textes qu'il avait écrits mais jamais enregistrés.

Comment l’usage a-t-il été découvert ?

Roadrunner retrace la vie d’Anthony Bourdain, chef, écrivain et animateur de télévision, mort en 2018. Le film de Morgan Neville s’appuie largement sur des enregistrements d’archives de sa voix. En juillet 2021, la journaliste du New Yorker Helen Rosner interroge le réalisateur sur un passage précis : Bourdain y lit à voix haute un courriel désespéré qu’il avait envoyé à son ami l’artiste David Choe. « Tu as du succès, et moi aussi, et je me demande : es-tu heureux ? »

Morgan Neville reconnaît que ce passage a été produit par une voix de synthèse. Il explique avoir contacté une société d’IA et lui avoir fourni une dizaine d’heures d’enregistrements de Bourdain. Il voulait que trois textes soient dits avec sa voix, sans trouver d’enregistrement existant pour les faire entendre. Au total, ces trois passages durent environ 45 secondes, précise The New Yorker. Le réalisateur n’avait d’abord pas révélé les deux autres.

Pourquoi la révélation a-t-elle choqué ?

Deux questions se posent, résume The New Yorker : le consentement et la transparence. Neville affirme avoir vérifié auprès de la veuve et de l’exécuteur littéraire de Bourdain que le procédé ne posait pas de problème. Mais l’ex-épouse du chef, Ottavia Busia, réagit sur les réseaux sociaux : « Ce n’est certainement PAS moi qui ai dit que Tony aurait été d’accord. » Le réalisateur précise ensuite n’avoir pas voulu laisser entendre qu’elle avait approuvé.

Surtout, le film ne signalait pas ces passages au public. Sa réponse à une question sur l’éthique, « On pourra organiser un débat sur l’éthique du documentaire plus tard », a renforcé les critiques. Karen Hao, de la MIT Technology Review, interrogée par The New Yorker, souligne le trouble d’un procédé « ni clairement faux, ni clairement réel », d’autant que les mots étaient bien ceux de Bourdain.

Pourquoi ce cas fait-il date ?

Roadrunner a été l’un des premiers débats publics sur la voix de synthèse d’une personne décédée dans un documentaire. Pour les spécialistes cités par The New Yorker, un tel usage peut se justifier s’il est consenti et signalé au public, comme dans d’autres films qui ont rendu visible leur usage de techniques de trucage. C’est cette absence de signalement qui a fait de Roadrunner un contre-exemple.

Pourquoi le niveau « Mordu » ?

La voix générée fait partie du film diffusé, mais seulement pour environ 45 secondes, sur des textes écrits par Bourdain lui-même : c’est le niveau « Mordu ». Le statut « Confirmé » repose sur l’aveu du réalisateur.

La réponse du créateur

Morgan Neville, cité par The Verge d'après The New Yorker : il voulait que la voix de Bourdain dise trois textes, sans trouver d'enregistrement existant pour les faire entendre. Interrogé sur l'éthique du procédé, il a répondu : « On pourra organiser un débat sur l'éthique du documentaire plus tard. » Il affirme avoir eu le soutien de la succession et de l'agent littéraire de Bourdain (BBC News).

· Source

Chronologie

  1. Dans The New Yorker, Morgan Neville révèle avoir fait synthétiser la voix de Bourdain pour trois passages du documentaire.
  2. Sortie du film en salles aux États-Unis. Ottavia Busia, ex-épouse de Bourdain, conteste avoir approuvé le procédé.
  3. The New Yorker publie une analyse des questions éthiques posées par cette voix de synthèse.

Questions fréquentes

La voix d'Anthony Bourdain dans Roadrunner est-elle une IA ?

Pour trois courts passages, oui : environ 45 secondes lues par une voix de synthèse imitant la sienne. Le reste du film utilise de vrais enregistrements de Bourdain.

Qu'a dit la voix de synthèse ?

Des textes écrits par Bourdain lui-même mais jamais enregistrés, dont un courriel envoyé à l'artiste David Choe : « Tu as du succès, et moi aussi, et je me demande : es-tu heureux ? »

Le public était-il prévenu ?

Non. Le film ne signalait pas ces passages. Le réalisateur l'a révélé dans une interview, et n'avait d'abord pas indiqué les deux autres passages concernés, selon The New Yorker.

Sources

  1. The Ethics of a Deepfake Anthony Bourdain Voice, The New Yorker, . Presse
  2. New Anthony Bourdain documentary deepfakes his voice, The Verge, . Presse
  3. AI narration of chef Anthony Bourdain's voice sparks row, BBC News, . Presse

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